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Santé publique

Vol. 1 No 1 (2021): MTSI-Revue

Evolution des ruptures utérines à la maternité de l’Hôpital national Ignace Deen (CHU de Conakry)

Publiée
2021-01-29 — Updated on 2021-05-18

Résumé

La rupture utérine est un drame obstétrical courant de nos salles d’accouchement, devenu exceptionnel dans les pays développés. Dans les pays en développement y compris la Guinée, ce drame constitue une des préoccupations majeures de l’obstétricien. Les objectifs de ce travail étaient : d’évaluer la fréquence de la rupture utérine dans le service ; de décrire les caractéristiques sociodémographiques et cliniques des patientes ; d’identifier les facteurs favorisants la survenue de la rupture utérine ; d’évaluer le pronostic materno-fœtal et de proposer une stratégie de prévention en vue d’une réduction de la morbidité et de la mortalité maternelle et fœtale par rupture utérine. Il s’agissait d’une étude descriptive avec recueil des données en deux phases, dont une rétrospective, d’une durée de 18 mois allant du 1er juillet 2017 au 31 décembre 2018 et l’autre prospective d’une durée de 18 mois aussi allant du 1er janvier 2019 au 30 juin 2020, réalisées à la maternité de l’Hôpital national Ignace Deen. Nous avons colligé 84 cas de rupture utérine sur 18 790 accouchements, soit une fréquence de 0,44 %. Dans le même temps 10 067 césariennes ont été effectuées soit une laparotomie pour rupture utérine pour 120 césariennes. L’âge moyen des patientes était de 28,14 ans avec un écart type de 2 ans et le profil moyen était celui d’une femme au foyer (51,8 %), multipare (44,6 %), évacuée d’une maternité périphérique (85,5 %) et ayant un nombre insuffisant de consultations prénatales (82,6 %). Dans 93,14 % des cas, la rupture utérine était survenue dans les maisons d’accouchements, les maternités périphériques et durant le trajet ; les ruptures utérines étaient en majorité spontanées (65,1 %) et survenues sur un utérus sain (59,0 %). La rupture utérine était plus fréquemment complète (83,3 %). Le traitement chirurgical était plus fréquemment conservateur par une hystérorraphie (88,1 %). Nous avons enregistré 12 décès maternels, soit une létalité de 14,6 %. Dans la quasi-totalité des cas les femmes étaient admises sans signe de vie du fœtus. Pour diminuer la fréquence des ruptures utérines, il faut favoriser une meilleure organisation des soins obstétricaux et néonataux d’urgence (SONU) et un meilleur dépistage des facteurs de risque de dystocie au cours des consultations prénatales.