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Clinique

Vol. 1 No 1 (2021): MTSI-Revue

La douleur centrale post accident vasculaire cérébral au CHU Tingandogo de Ouagadougou (Burkina Faso) : fréquence, profil clinique, qualité de vie des patients et facteurs associés

Publiée
2021-02-16

Résumé

Objectifs. Le but de la présente étude était de déterminer la fréquence de la douleur centrale post accident vasculaire cérébral (DCPA), de décrire son profil clinique, d’évaluer la qualité de vie des patients et d’identifier les facteurs associés à sa survenue, à partir d’une série hospitalière, prospective, à Ouagadougou, au Burkina Faso.

Méthodologie. il s’agissait d’une étude prospective de suivi longitudinal, descriptive et analytique, menée de janvier 2015 à mars 2020, au CHU de Tingandogo, à Ouagadougou, au Burkina Faso. Elle a concerné tous les patients âgés de plus de 16 ans, hospitalisés pour AVC confirmé par la TDM et/ou l’IRM encéphalique, puis revus tous les trois mois en consultation externe de neurologie et ce pendant au moins 9 mois après leur AVC. Les caractéristiques socio-démographiques et cliniques des patients, la nature de l’AVC, l’existence de DCPA et le cas échéant, ses caractéristiques cliniques, son traitement et son impact sur la qualité de vie des patients ont été relevés ; une analyse bivariée puis multivariée avec régression logistique selon le modèle des risques proportionnels de Cox a permis de rechercher les facteurs associés à la survenue de la DCPA. Le seuil de significativité retenu a été de p < 0,05.

Résultats.  236 patients ont été colligés parmi lesquels 28 patients ont présenté une DCPA (11,9 %), après une  durée moyenne de suivi post AVC de 12,9 mois. L’infarctus cérébral, l’hémorragie intracérébrale et la thrombose veineuse cérébrale représentaient respectivement 69,5 %, 29,7 %  et 0,8 %. La moyenne d’âge des patients avec DCPA était de  54,6 ans, avec une prédominance masculine (53,6 %). Le délai moyen d’apparition de la  DCPA était de 3,8 mois après l’AVC. Les douleurs à type de brûlure (75 %) et d’allodynies  (67,8 %),  étaient les plus fréquentes. L’intensité moyenne de la DCPA était de 7,6 /10 sur l’échelle visuelle analogique. Une hypoesthésie (96,4 %) et des paresthésies  (71,4 %) étaient les signes ou symptômes les fréquemment associés à la DCPA. La DCPA avait un retentissement négatif modéré à sévère sur le travail habituel, l’activité générale et l’humeur des patients, respectivement chez 60,7 %, 50 %  et 46,4 % des patients. L’amitriptyline (75 %) et/ou les antalgiques de palier II (60,7 %) ont été les molécules les plus utilisées, et efficaces  chez 57 % des cas. Seul l'âge inférieur ou égal à 50 ans était indépendamment associé à la survenue de la DCPA (OR 2,86 ; p=0,03).

Conclusion. La DCPA touche plus d’un patient sur 10 victimes d’AVC et altère de façon modérée à sévère la qualité de vie de la plupart de ces patients. Le dépistage et la prise en charge adéquate de la DCPA dans le cadre du suivi pluridisciplinaire post AVC, contribueront à l’amélioration de la qualité de vie des patients victimes d’AVC et faciliteront leur réinsertion socioprofessionnelle.